Appel à communications

Cadre général

Les relations entre humains et animaux autres qu’humains sont marquées par une complexité qui reflète leur diversité et leur nature ambivalente. Au carrefour de dynamiques culturelles et historiques (Descola, 2005 ; Luglia, 2024), elles sont façonnées par des représentations et des pratiques oscillant entre domination, collaboration et interdépendance (Baratay, 2011 ; Haraway, 2003 ; Morizot & Husky, 2024 ; Vigne, 2011), entre fascination, rejet et indifférence (Hell, 1994 ; Micoud, 2010). Ces interactions varient en fonction des espèces concernées (Moesch et al., 2024 ; Van Dooren, 2011), des groupes sociaux et individus impliqués (Arregui, 2023) et des contextes écologiques et socio-spatiaux dans lesquels elles s’inscrivent (Ouvrier et al., 2025 ; Pascual-Rico et al., 2021 ; Rekiel et al., 2024). Elles engendrent des processus biologiques adaptatifs et évolutifs, tout en se trouvant réciproquement influencées par ces changements (Caspi et al., 2022 ; Meuret et al., 2021).

La notion de coexistence, subie ou désirée, anticipée ou inattendue, consciente ou inconsciente, offre une entrée pour explorer les modalités par lesquelles humains et animaux autres qu’humains partagent, entremêlent ou disputent leurs territoires (Bortolamiol et al., 2017), coconstruisent leurs spatialités et leurs existences (Hodgett & Lorimer, 2020 ; Van Dooren & Rose, 2012), façonnent, ensemble, les paysages de l’Anthropocène (Tsing, 2017). Nous abordons la coexistence entre humains et autres animaux comme une dynamique résultant de leur proximité physique au sein d’un espace d’interface, où se nouent d’éventuelles relations interspécifiques. En interrogeant à la fois les représentations humaines de la nature, la matérialité des interfaces, les mobilités animales et les usages multi-espèces, l’approche de ces relations sous l’angle de la coexistence révèle leurs dimensions spatiales, sociales, politiques, éthiques, biologiques et écologiques. Elle amène à penser les relations entre humains et autres animaux par le prisme de l’espace et, de fait, à questionner tant les discordances entre l’espace choisi par les animaux et celui que les humains leur attribuent (Mauz, 2002 ; Philo & Wilbert, 2004), que la place disputée par les groupes sociaux à leur sujet (Dickman, 2010 ; Manceron & Roué, 2009). S’interroger sur l’Autre, en tant que semblable et différent, génère des débats philosophiques faisant vibrer des ontologies qui positionnent différemment l’humain dans le vaste ensemble du vivant (Claeys, 2010 ; Fulton et al., 1996 ; Lute et al., 2016). Les environnements urbains au cœur des préoccupations du colloque cristallisent ces tensions. Cet appel vise à susciter des contributions interrogeant les dimensions physiques et symboliques des interfaces, des relations et des coexistences entre humains et animaux sauvages liminaires ainsi qu’entre humains à leur propos. Les propositions de communication devront s’inscrire dans l’un des quatre axes suivants.

Axe 1 - Approches sensibles des relations : l’interface symbolique de la coexistence

En ville, les altérités animales s’adaptent, poussant, par les interfaces imposées, les sociétés à questionner une relation que la nature même de l’espace urbain avait contribué à distendre (Zask, 2020). Cet axe porte sur les perceptions sensibles humaines et la sentience des animaux autres qu’humains qui président à la relation interspécifique, en abordant les modalités sensorielles, émotionnelles et affectives qui la structurent, dans leurs points communs et leurs différences. La réflexion vise à circonscrire ce que porte le terme polysémique du sensible, proposant notamment une mise en perspective de régimes d’invisibilisation, de normes morales et de standards éthiques différents établissant le droit d’accéder aux autres espèces, leur degré de « tuabilité » et les « bonnes pratiques » de leurs mises à mort (Fry et al., 2024 ; Mazhary, 2021 ; Mounet & Chanteloup, 2019 ; van Heijgen et al., 2025).

Les contributions pourront relever de diverses disciplines : l’éthologie, documentant les comportements des animaux non humains ; l’anthropologie, analysant les systèmes de représentations, catégorisations et modalités de cohabitation associées aux autres animaux ; la philosophie, interrogeant les ontologies et la diversité des relations entre animaux humains et non-humains ; l’histoire, étudiant les relations actuelles en regard des relations passées ainsi que la transformation des acteurs de ces relations ; les sciences du langage, éclairant les processus de construction des représentations à travers les évolutions de la langue, en sont quelques exemples. Seront fortement appréciées : i) les contributions portant une attention particulière au champ lexical du sensible en tant qu’outil de compréhension des mécanismes relationnels entre humains et animaux non-humains, mais aussi en tant que véhicule de nouvelles représentations inscrivant les expériences sensibles dans un monde co-construit ; ii) les récits ancrés sur des données de terrain qui permettent de révéler des modalités inédites des relation humains-faune sauvage ; iii) les communications contribuant à la réflexion sur les modalités de légitimation des nécro-politiques.

Axe 2 – Des études « plus qu’humaines » ? Epistémologie, notions clés et dimensions spatiales

L’étude des interactions entre humains et animaux autres qu’humains est marquée par l’intégration de l’animal dans les recherches en sciences humaines et sociales (SHS) et par la prise en compte accrue des dimensions sociales dans celles des sciences de la vie (Bortolamiol & Clauzel, 2023 ; Dalla Bernardina, 2020 ; Sierra et al., 2024). Cette dynamique renouvelle les paradigmes disciplinaires, en opérant une transition vers une approche liant l’ego à l’éco dans une perspective de décentrement de l’anthropocentrisme (Whatmore, 2006). Elle imprègne ainsi les SHS des notions de relations, de distance, de coexistence, de cohabitation, d’agentivité ou encore de coadaptation multi-espèces (Carter & Linnell, 2016 ; Estebanez et al., 2013 ; Morizot, 2017 ; Rodary, 2023, Toncheva & Fletcher, 2022). Les « nouvelles géographies animales » (Philo et al., 2024) s’inscrivent dans ce mouvement. Toutefois, la diversité des approches (Urbanik et al., 2024) favorise une certaine flexibilité conceptuelle. Cet axe du colloque ambitionne de discuter les cadres d’analyse existants des études « plus qu’humaines » contemporaines afin d’en dégager de nouvelles perspectives.

Les contributions proposeront : i) une discussion sur les notions fondamentalesstructurant le tournant animal non humain dans différentes disciplines des SHS ; ii) une réflexion autour de leur dimension spatiale ; iii) un retour sur l’émergence et la structuration de la géographie animale ; iv) un questionnement sur l’apport de la géographie pour repenser les paradigmes de l’étude des relations, entre humains et animaux, entre humains à leur sujet ; ou encore v) une discussion sur les freins et les leviers à l’interdisciplinarité dans le traitement des questions animales.

Axe 3 – Documenter l’interface physique de la coexistence, un enjeu méthodologique

La dimension spatiale de la coexistence questionne la co-construction, par les spatialités animales et humaines, de l’interface physique entre humains et faune sauvage dans des espaces en mutation. Cet axe se penche sur les méthodes et les modèles, descriptifs ou prédictifs, permettant de documenter cette interface : mobilisation de pièges photographiques (Palencia et al., 2020), relevés écologiques ou biologiques (Ciach et al., 2023 ; Kupferschmid et al., 2022 ; Zsolnai et al., 2022), suivi télémétrique et campagne de capture-marquage-recapture (Marin et al., 2024) ou analyse de signalements citoyens (Castillo-Contreras et al., 2018 ; Wine et al., 2015) pour l’étude de l’écologie spatiale et des dynamiques de populations ; réalisation de géographies animales individuelles (van Patter, 2022) ; modélisation des continuités écologiques et de leur fonctionnalité (Foltête et al., 2020 ; Honeck et al., 2020 ; Morin et al., 2024) ou encore ethnographie multi-espèces (Arregui, 2023 ; Vanden Berghe, 2023).

Sont vivement encouragées les contributions : i) offrant un retour réflexif sur les défis pratiques et conceptuels liés à la mobilisation de méthodes classiques ou innovantes ; ii) discutant l’intégration des mobilités animales dans les politiques d’aménagement du territoire ; iii) proposant des pistes de traduction des résultats scientifiques en action ; iv) ouvrant des perspectives d’articulation entre écologie spatiale et biogéographie ; v) proposant une réflexion sur les outils et méthodes visant à décloisonner les approches disciplinaires.

Axe 4 - Politiques publiques et gestion des disservices : entre expertises et contradictions

En ce début de XXIe siècle, la présence de la nature en ville est devenue un enjeu central des politiques urbaines (Lofti et al., 2017 ; Rosol et al., 2017). Le verdissement des villes a porté ses fruits au point qu’avec une nature voulue (Deadborn & Kark, 2010 ; Hansen & Pauleit, 2014), un sauvage encombrant s’est invité dans l’environnement urbain. Des disservices écosystémiques ont ainsi été associés à la trame verte (Lyytimäki et al., 2008), justifiant la réaction gestionnaire traditionnelle et séculaire de destruction des espèces encombrantes (Marin et al., 2023 ; Mc Cance et al., 2017). Pourtant, l’évolution des mentalités urbaines légitime le principe de respect du vivant, l’écologisation des pratiques, voire l’adoption de solutions non létales (Clavel et al., 2023 ; Hunold & Mazuchowski, 2020). Le dernier axe du colloque explore cette contradiction en examinant les moyens et les dispositifs, déjà mobilisés ou envisagés par les acteurs du territoire, pour équilibrer le risque que représente l’immixtion d’un sauvage non urbain et l’impact des mesures destinées à le maîtriser (Lee et al., 2022).

Les contributions proposeront : i) une analyse des tensions et des contradictions qui émergent autour des espaces partagés entre humains et faune sauvage ; ii) une réflexion sur les reconfigurations des politiques et pratiques de gestion du sauvage dans des contextes marqués par la territorialisation agroécologique, le verdissement des espaces urbains, l’émergence en politique de l’animalisme ou encore la montée en visibilité des risques sanitaires ; iii) une analyse des expertises au fondement des stratégies de gestion ; iv) un retour réflexif sur la construction des politiques d’aménagement de l’espace et de prise en charge de la faune sauvage, au regard de la prise en charge du sauvage végétal, voire du sauvage abiotique.

Références citées dans l'appel

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